Chômage après une démission : dans quels cas a-t-on droit à l'allocation ?
Démissionner ne donne en principe pas droit au chômage. Mais il existe des exceptions bien précises : la démission légitime, la démission pour un projet professionnel validé à l'avance, et un réexamen possible après quatre mois. Voici comment les distinguer, et quoi garder.
L'assurance chômage couvre la perte involontaire d'un emploi. Quand c'est vous qui partez, elle ne s'applique donc pas automatiquement. Reste que la règle comporte des exceptions, et que la plus mal connue — le projet professionnel — se prépare avant de poser sa lettre de démission.
Les trois situations en un coup d'œil
| Votre situation | Droit à l'allocation ? | Ce qu'il faut faire |
|---|---|---|
| Démission « classique », sans motif particulier | Non, en principe | Rester inscrit et chercher un emploi : un réexamen est possible après 121 jours |
| Démission légitime | Oui, si le motif est reconnu | Conserver les justificatifs du motif et les présenter à l'inscription |
| Démission pour projet professionnel | Oui, si le projet est validé avant la démission | 5 ans d'activité continue, conseil en évolution professionnelle, validation par la commission paritaire |
Les démissions considérées comme légitimes
Certains motifs sont reconnus par la réglementation de l'assurance chômage. Voici les principaux :
- Suivre son conjoint qui change de lieu de résidence pour des raisons professionnelles : mutation, nouvel emploi, création d'entreprise
- Mariage ou PACS entraînant un changement de résidence incompatible avec le maintien de l'emploi
- Fuite de violences conjugales
- Démission d'un emploi occupé depuis moins de 65 jours après un licenciement ou une rupture conventionnelle
La liste complète est publiée par l'Unédic ; en cas de doute sur votre motif, c'est France Travail qui tranche lors de l'examen de votre dossier. Gardez de quoi le prouver : livret de famille ou attestation de l'employeur du conjoint, dépôt de plainte, contrat de la nouvelle activité…
Un motif légitime se prouve. Contrat, lettre, justificatifs : retrouvez-les en trois secondes le jour où France Travail vous les demande.
Classer mes justificatifsDémissionner pour un projet de reconversion ou de création d'entreprise
Depuis novembre 2019, une démission peut ouvrir droit à l'allocation si elle sert un projet professionnel, c'est-à-dire une reconversion nécessitant une formation, ou la création ou la reprise d'une entreprise. Les conditions sont cumulatives : au moins 5 ans d'activité salariée continue (1 300 jours sur les 60 derniers mois) et un projet jugé « réel et sérieux ».
Et surtout, l'ordre compte. Les étapes, dans l'ordre :
- Avant de démissionner, faites-vous accompagner par un conseiller en évolution professionnelle (CEP), gratuit
- Déposez votre projet auprès de la commission paritaire interprofessionnelle régionale (Transitions Pro), qui valide — ou non — son caractère réel et sérieux
- Une fois l'attestation de validation obtenue, démissionnez
- Inscrivez-vous à France Travail dans les 6 mois suivant la validation du projet
- Menez le projet à bien : à défaut, l'allocation peut être suspendue pendant 4 mois lors du suivi
Vous avez démissionné sans motif : le réexamen après 121 jours
Si votre démission ne relève d'aucun des cas ci-dessus, vous pouvez rester inscrit à France Travail et chercher activement un emploi. Au bout de 121 jours de chômage, une instance paritaire régionale peut réexaminer votre dossier au vu de vos efforts de recherche, et vous accorder l'allocation. D'après l'Unédic, elle est alors versée à partir du 5e mois de chômage. Conservez toutes les preuves de vos recherches.
Les pièces à garder
- La lettre de démission et l'attestation France Travail de l'employeur, qui mentionne le motif de fin de contrat — voyez comment l'obtenir
- Les justificatifs du motif légitime (selon le cas)
- Pour un projet professionnel : l'attestation du conseil en évolution professionnelle et la décision de la commission paritaire
- Votre solde de tout compte — ce qu'il faut y vérifier avant de signer
Le bon réflexe : tout garder, du premier jour au dernier
Un refus de France Travail se conteste, mais seulement avec des preuves. Lettre de démission, échanges avec l'employeur, justificatifs du motif : s'ils sont classés au même endroit, vous pouvez répondre en quelques minutes plutôt qu'en plusieurs jours.
Pour aller plus loin : les conditions de l'allocation chômage, le chômage après une rupture conventionnelle, les documents à fournir pour s'inscrire et les documents à fournir à l'embauche.
Vos justificatifs de départ, classés et retrouvables
ZeroPaper range automatiquement lettre de démission, attestations et solde de tout compte, pour que votre dossier France Travail soit complet du premier coup.
Classer mes justificatifsQuestions fréquentes
A-t-on droit au chômage après une démission ?
En principe non, car l'allocation protège de la perte involontaire d'emploi. Deux exceptions : la démission légitime (suivi du conjoint, violences conjugales…) et la démission pour projet professionnel validé avant le départ. Un réexamen est aussi possible après 121 jours.
Quelles démissions sont considérées comme légitimes ?
Notamment : suivre son conjoint qui change de résidence pour raison professionnelle, mariage ou PACS imposant un déménagement, fuite de violences conjugales, ou démission d'un emploi occupé depuis moins de 65 jours après un licenciement ou une rupture conventionnelle.
Quelle ancienneté faut-il pour démissionner et toucher le chômage pour une reconversion ?
Au moins 5 ans d'activité salariée continue, soit 1 300 jours travaillés sur les 60 derniers mois, avec un projet de reconversion nécessitant une formation ou de création ou reprise d'entreprise.
Qui valide un projet de reconversion avant la démission ?
La commission paritaire interprofessionnelle régionale (Transitions Pro), après un accompagnement par un conseiller en évolution professionnelle. La validation doit être obtenue avant de démissionner.
Dans quel délai s'inscrire à France Travail après la validation du projet ?
Dans les 6 mois qui suivent la validation par la commission paritaire. Passé ce délai, le dispositif ne s'applique plus.
Peut-on demander un réexamen après une démission sans motif légitime ?
Oui, après 121 jours de chômage et à condition d'avoir cherché activement un emploi. Une instance paritaire régionale examine votre dossier. D'après l'Unédic, l'allocation peut alors être accordée à partir du 5e mois de chômage.
- Unédic — « Est-ce que j'ai droit aux allocations chômage si j'ai démissionné de mon emploi ? » (unedic.org)
- Unédic — « Je démissionne pour mener un projet professionnel. Ai-je droit aux allocations chômage ? » (unedic.org)
- France Travail — « Reconversion professionnelle et allocations chômage » (francetravail.fr)
La liste des démissions légitimes et les conditions du projet professionnel sont fixées par la réglementation de l'assurance chômage et peuvent évoluer. Faites valider votre situation par un conseiller avant de démissionner.